Jeudi matin je me suis rendu au Centre pénitentiaire de Perpignan afin de procéder à une visite des locaux, comme la loi le permet à tout parlementaire. Ceci est un symbole de notre démocratie et de notre république: il n’y a aucun lieu où la représentation nationale ne puisse se rendre.
Accompagné de représentants du syndicat Force Ouvrière, dont le secrétaire général au plan départemental, mon ami Jérôme Capdevielle, ainsi que Grégory Jalade, délégué régional FO pénitentiaire Occitanie ainsi que le secrétaire local Frédéric Jenot et son adjoint Gérard Taillefer. J’ai pu ainsi aller directement à la rencontre des agents pénitentiaires, des aumôniers de prison, des assistants sociaux, du corps médical, des prévenus et des condamnés.
J’ai pu aussi voir les conditions de détention qu’il s’agisse de la Maison d’arrêt des femmes, de la maison d’arrêt des hommes, du quartier mineur, du SMPR ou du centre détention.
A la fin de la visite à l’occasion d’un tour de table dans les locaux de la direction, j’ai pu échanger avec la directrice adjointe du centre pénitentiaire. J’ai pu constaté que la direction comme les agents, quelque soit leur grade, sont totalement impliqué et investis dans le bon fonctionnement de cette institution malgré des moyens financiers en baisse et des contraintes administratives chronophage.
Le centre pénitentiaire de Perpignan a ouvert ses portes en 1987 pour succéder à l’ancienne maison d’arrêt du centre-ville. Au total, tous secteurs confondus, le nombre de détenus s’élève à 825. Ce centre est en surpopulation avec deux à trois détenus dans les lieux de privation de liberté initialement prévu pour une personne. Cette proximité engendre des problèmes humains ainsi qu’un travail accru pour les agents.
Mais j’ai surtout pu constater que le centre pénitentiaire constitue une des frontières internes de notre civilisation. Il s’agit d’un des derniers lieux où on peut encore faire entendre la voix de l’ordre après l’échec de l’école, des familles et des institutions.
Pour garder cette frontière, les agents de l’administration pénitentiaire font un travail extraordinaire de dévouement, de rigueur et d’implication malgré des effectifs qui ne sont pas suffisant ce qui implique la réalisation de nombreuses heures supplémentaires, amenant les femmes et les hommes au bout de leur capacité physique et spychologique. Notre société a besoin d’eux. Il nous faut leur dire collectivement que nous considérons leur travail à leur juste valeur. C’était un des objectifs visés par ma visite du centre de Perpignan. Sur ce centre, j’ai pu appréhender l’exceptionnelle implication des agents de cette administration, leur sens de la discipline et de l’humain. Je veux leur témoigner, comme je l’ai fait à l’oral lors de la visite, notre gratitude et de notre admiration. Merci et bravo au personnel pénitentiaire !!
Aujourd’hui, il faut revoir et améliorer les conditions matérielles. Le centre de Perpignan a été construit à une période où la population départementale était inférieure et où l’afflux touristique était moindre. Il nous faut vraiment améliorer les conditions de travail des agents pénitentiaires pour leur permettre de continuer de bien servir notre pays. La question du deuxième centre pénitentiaire ne doit pas être un trompe l’oeil nous évitant de conduire les efforts nécessaires de modernisation du centre existant.
Je me suis engagé à voir chaque trimestre les agents du centre pénitentiaire par l’intermédiaire des délégués de FO ainsi que par l’intermédiaire de la direction afin de pouvoir travailler sur des dossiers de fond ensemble de manière régulière et sérieuse. Je visiterai une fois par an le centre pénitentiaire pour constater par moi-même les conditions de travail et de détention.