Etat d’urgence : pourquoi une sixième prorogation ?
La semaine dernière, l’Assemblée nationale a eu à connaître du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence. Il s’agit de la sixième prorogation depuis les attentats qui ont frappé notre pays le 13 novembre 2015 à Paris.
Ce dispositif a eu pour effet de protéger davantage les Français d’attaques, de prévenir et de contrôler la menace terroriste. Selon les données fournies par le Ministère de l’intérieur dans le cadre du contrôle parlementaire de l’état d’urgence, depuis le 22 décembre 2016, 90 arrêtés d’assignation à résidence ont été pris, 161 perquisitions ont été réalisées et 48 interdictions de séjour ou d’accès ont été décidées.
Le risque terroriste est toujours aussi prégnant. Nous savons tous que la lutte contre le terrorisme a permis de déjouer des projets d’attentats. Selon les experts, le danger principal vient de personnes présentes sur notre sol et qui envisageraient un passage à l’acte conformément à la nouvelle stratégie de l’organisation terroriste Daech.
C’est la raison pour laquelle, j’ai voté en faveur de la prorogation de l’état d’urgence qui a été soumise aux députés la semaine dernière.
Toutefois, l’état d’urgence n’a pas vocation à être prolongé indéfiniment, comme l’a indiqué le Président de la République. Dans ce contexte, notre arsenal juridique anti-terroriste sera encore sensiblement complété lorsque le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme entreront en vigueur. Je pense en particulier aux dispositions élargissant les pouvoirs de police administrative confiés au préfet pour faire face aux troubles graves à l’ordre et la sécurités publics nés de la menace terroriste.
La prorogation de l’état d’urgence qui a été validée par l’Assemblée nationale a donc une portée transitoire en attendant l’entrée en vigueur de ces mesures permettant de toujours renforcer la sécurité des Français dans un contexte dégradé.
Lors de ce vote mes pensées sont allées en direction des trop nombreuses victimes des actes terroristes, de leurs familles et de leurs amis. Mais également pour nos forces de l’ordre, ces femmes et ces hommes, qui ne comptent plus leurs heures, et sont présents au quotidien, au péril de leur vie pour nous protéger, assurer un rempart contre la barbarie et défendre la République.