Pourquoi le Gouvernement a raison de défendre un plan d’économies des dépenses publiques ?
La semaine dernière, le plan de réduction des dépenses de l’Etat a fait couler beaucoup d’encre et a suscité le débat. J’ai eu la chance de participer dans le cadre de la Commission des finances de l’Assemblée nationale à l’audition de M. Bruno Le Maire, Ministre de l’économie et des finances, et de M. Gérald Darmanin, Ministre des comptes publics mercredi dernier.
Ce qui ressort de cette audition, mais plus largement de l’analyse économique des dépenses et des finances publiques dans notre pays, est qu’un tel plan s’impose ou même qu’il s’imposait depuis de nombreuses années.
Comme vous l’avez sans doute lu, le Gouvernement a proposé un plan de réduction de 4,5 Milliards des dépenses en cours d’année. Une telle réduction est sans précédent et concernera les dépenses de l’Etat dans leur ensemble. L’intérêt de ce plan est double.
Il est d’abord de nous permettre d’avoir un déficit inférieur à 3% cette année. Il convient de noter que nous sommes en procédure de déficit excessif depuis 2009 et que nous ne sommes plus que deux pays en Europe dans ce cas, L’Espagne et nous. Cette impéritie porte atteinte à notre crédit en Europe. N’oublions la célèbre citation de Pierre Mendes-France : « les finances en désordre sont la marque des Nations qui s’abandonnent ».
Par ailleurs, n’oublions que le déficit que les collectivités publiques françaises s’autorisent depuis tant d’années (le dernier budget voté à l’équilibre est le budget de 1974) génère de la dette. Nous sommes aujourd’hui à un endettement de près de 100% du PIB. Une augmentation des taux d’intérêt entraînerait des conséquences difficilement supportables pour notre économie. C’est un volcan sur lequel il faut cesser de danser. Il est donc crucial de tenir nos engagements en 2017. Voilà pourquoi le Gouvernement a raison.
Mais l’autre sujet dans le plan gouvernement est d’inscrire nos finances publiques dans une trajectoire de réduction des dépenses dans les quinquennat. C’est une excellente chose. Rappelons que la dépense publique représente en France 56% contre une moyenne de 41% dans les pays de l’OCDE. C’est dire que nous sommes dans une situation exceptionnelle. Mais cette exception n’est pas synonyme de richesse et prospérité. Si la dépense publique était une bonne chose, depuis le temps que nous dépensons plus que nos voisins, nous serions le pays le plus riche du monde. Comme nous continuons à nous débattre avec un chômage de masse et une croissance anémiée depuis quarante ans…. c’est bien que les dépenses publiques ne sont pas la solution. Le Gouvernement a donc raison de réduire la dépense publique durablement.
Ce qui est encore plus courageux et gage de grande efficacité, c’est que le Gouvernement conduit cette stratégie tout en ayant la volonté de baisser le poids de la fiscalité. C’est courageux mais c’est le seul moyen de rétablir la confiance des contribuables et des acteurs économiques et cette dernière est fondamentale pour que la croissance revienne fortement.