Les jeunes comptent aujourd’hui en France parmi les premières victimes du chômage et de la précarité de l’emploi. 24 % des 15-24 ans étaient au chômage en 2016. Et plus d’1/3 d’entre eux sont en CDD ou en intérim.

Or l’apprentissage est l’une des voies qui garantit le mieux une bonne insertion professionnelle. Aujourd’hui en France, deux apprentis sur trois sont en emploi sept mois après la fin de leur formation. Dans les pays qui ont massivement développé l’alternance, le taux de chômage des jeunes est souvent bien inférieur au taux français : 6,9 % en Allemagne, 8,3 % en Suisse, 11,1 % en Autriche. Tout plaide donc en faveur du développement de l’apprentissage, qui n’est pas reconnu à sa juste valeur dans notre pays et vers lequel trop peu de jeunes s’orientent : seuls 7 % des 16-25 ans sont en apprentissage en France. C’est deux fois moins que dans les pays européens cités.

La transformation de notre système de formation professionnelle est également une nécessité. « La première des injustices, c’est le chômage, la première des solutions, c’est la formation. ». Or l’accès à la formation reste trop souvent un parcours d’obstacles pour les salariés. Les choix qui s’offrent à eux sont limités et ne correspondent pas toujours à leurs aspirations ni aux besoins des entreprises. L’information manque sur la qualité des formations et sur leurs débouchés professionnels. Enfin, la formation professionnelle bénéficie surtout aux actifs les mieux formés alors qu’elle devrait en priorité être ciblée sur les moins qualifiés et les chômeurs de longue durée. Le système doit donc évoluer en profondeur, pour être plus transparent, plus simple d’accès et plus efficace.
La visite du Président aujourd’hui à l’ETAP marque le lancement de ces réformes de l’apprentissage et de la formation professionnelle, qui complètent le « Plan d’investissement dans les compétences » présenté par le Premier ministre le 25 septembre dernier et doté de 15 Mds € sur 5 ans. Elles constituent, après les ordonnances sur le travail, le deuxième volet du vaste chantier de rénovation de notre modèle social engagé par le Gouvernement.

Le 12 octobre, le Président recevra chacune des organisations syndicales et patronales pour engager la concertation sur ce deuxième volet dédié à la sécurisation des parcours professionnels, préparatoire à un projet de loi qui sera présenté au printemps 2018.